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Blog citoyen de Jean-Laurent Turbet

Manuel Valls excellent candidat à la présidentielle. Mais à la primaire de la gauche ?

7 Décembre 2016 , Rédigé par JL Turbet Publié dans #Valls, #Présidentielle 2017, #France, #République, #Macron, #EnMarche!, #EmmanuelMacron, #Politique, #2017, #PS

Manuel Valls excellent candidat à la présidentielle. Mais à la primaire de la gauche ?

J’ai comme beaucoup d’entre vous regardé Manuel Valls présenter sa candidature à la présidence de la République.

 

Je l’ai trouvé excellent. Précis, convainquant, énergique. Un Manuel Valls comme on l’aime. Tout était excellemment préparé, tant sur la forme que sur le fond. Nous savons tous que Manuel est un expert en matière de communication politique et qu’il ne commet aucune erreur de débutant.

Mais le problème c’est que Manuel Valls n’est pas directement candidat à la présidence de la République. Mais candidat à la primaire de la Gauche.

Et c’est là que le bas blesse. Car si Manuel Valls est clairement le seul a avoir l’envergure pour postuler à la magistrature suprême parmi les candidats d’ores et déjà déclarés (Montebourg, Hamon, et surtout Lienemann et le populiste et démagogue Gérard Filoche), pourra t’il rassembler ce qui est aujourd’hui désintégré de l’intérieur?

Car ce que nous aimons tous c’est le Manuel Valls tel qu’en lui-même, avec certes ses qualités et ses défauts, mais surtout cette énergie réformatrice pour changer réellement les choses.

C’est Manuel Valls qui aurait du « casser la baraque », fendre l’armure et prendre tous les risques pour recomposer le paysage politique à l’occasion de cette présidentielle.

En effet, pour la première fois les français veulent que les choses changent vraiment et que ceux qui portent des idées soient en cohérence avec elle.

Hollande n’a pas tant été jugé sur ses idées, que sur le fait qu’il ne les ait pas mis en œuvre.

Or ce n’est pas lui mais c’est Emmanuel Macron qui a cassé le plafond de verre, qui défend son projet, son ambition pour la France, contre les appareils sclérosés, les vieilles lunes et les archéos de toujours.

Ce que les français ne veulent plus c’est justement de ce « rassemblement » sans saveur ni consistance… Un rassemblement qui irait de Macron à Mélenchon ? Mais pour quoi faire ? Quelle politique ? Pour présenter quel projet pour les français ?

Manuel Valls a choisi de « rassembler ». Et donc de donner comme référence  François Mitterrand, Lionel Jospin et François Hollande. Les gagnants des élections d'avant.

Mais où étaient Michel Rocard et Pierre Mendes-France dans le discours de Manuel Valls ? Ces deux figures tutélaires de la « deuxième » gauche. Nulle part. C’est un terrible oubli, tellement révélateur…

Manuel Valls  a choisi entre cohérence idéologique et rassemblement, c’est-à-dire en utilisant les méthodes anciennes, celles qui fonctionnaient « avant ».

Alors que ce que veulent aujourd’hui les français c’est de la cohérence de pensée et non plus des rassemblements factices qui ne mènent à rien d'autre que de créer de la désillusion, de l’amertume et de la colère.

Ils ne veulent plus de conciliation des contraires simplement pour gagner des élections à tout prix en sacrifiant l’essentiel, c’est-à-dire ses convictions.

Gagner oui, mais si l’on gagne c’est bien pour agir, sur un programme précis que l’on propose et que les électeurs acceptent. C’est un contrat.

Et qu’y a-t-il de commun entre Mélenchon et Macron ? Rien !

Et au moins Macron a la franchise de le dire, de l’affirmer et de le porter.

Lorsqu’on « rassemble » comme lors des dernières régionales de Carlos Da Silva à Clémentine Autain et bien l’on perd. Car la seconde, à peine élue va cracher à la figure de sa tête de liste et de ses colistiers sur le premier plateau de télé qui l’invite.

Sous le prétexte de « gagner » on ne peut pas tout supporter, et il y a des grands écarts - même effectués par des équilibristes de grand talent comme Manuel Valls – qui sont difficile à faire.

Manuel Valls avait raison dans son diagnostic il y a quelques mois en disant qu’il y a actuellement deux gauches irréconciliables. Il aurait fallu qu’il l’assume plutôt que de tenter une synthèse hollandaise qu’il n’a pas la capacité de mener.

L’élection présidentielle, surtout celle-ci, aura dû être une chance de clarification des choix politiques.

Une extrême-gauche d’anti-gouvernement (de Mélenchon à Hamon en passant par les ultras sectaires Poutou & C° et les filochistes rétrogrades) que l’on doit laisser dans leur contestation stérile  face à une extrême-droite populiste infréquentable que ce soit celle du père, de la fille ou de la petite fille….

Et mener le combat entre celles et ceux qui malgré tout jouent le jeu démocratique et républicain : Les Conservateurs réactionnaires (aucun sens – trop - péjoratif pour moi dans ces deux termes) autour de François Fillon et les Progressistes sociaux libéraux autour d’Emmanuel Macron (des juppéistes modernes style NKM, jusqu’aux fabiusiens novateurs en passant évidemment par Valls, les radicaux et les centristes européens).

Voilà les vrais clivages d’aujourd’hui et de demain. Et c’est bien sur ces pôles structurants qu’il faut bâtir les formations politiques de demain. Le communisme, le Guesdisme sont morts. Le parti d’Epinay de François Mitterrand agonise sous nos yeux, telle la SFIO de Guy Mollet en 1969. Et à l’époque, peu furent ceux qui pleurèrent la fin de la SFIO…

Surtout que le Parti Socialiste était fort de ses collectivités territoriales (Mairies, Conseils départementaux, Conseils régionaux, intercommunalités) où ses élu-e-s avaient appris le pragmatisme et la bonne gestion : Or, ne l’oublions pas, toutes ces collectivités ont été perdues – certaines très durablement – à cause de l’impopularité du président de la République.

Nous entrons en période sismique où les plaques tectoniques bougent rapidement. D’ailleurs les instituts de sondages ont beaucoup de mal à accompagner - et encore moins à prévoir – le mouvement.

Il faut passer à une nouvelle étape de l’histoire de la Gauche et du Centre en France.

Manuel Valls aurait-il dû être à l’initiative de ce changement et prendre la tête de ce mouvement ? Oui !! L’a-t-il fait ? Non. Il reste dans le rassemblement ancien et non pas dans la rupture nécessaire pour créer le nouveau mouvement dont la France à besoin. Dont l’Europe a besoin.

Manuel Valls doit-il être l’un des acteurs majeurs de cette recomposition, aujourd’hui et surtout demain ? Oui !! Évidemment.

Les entourages respectifs vont tout faire pour séparer Emmanuel Macron et Manuel Valls dans les semaines à venir. C’est normal... Je ne serais pas de ceux-là. C’est avec l’un ET l’autre que l’avenir des progressistes français se fera (ou pas…).

Reconnaissons au moins à Manuel Valls  - qui n’avait que de mauvaises solutions devant lui – qu’il a le courage de mener le combat.

Valls favori de la primaire de la Gauche ? Allons … l’adage « qui entre Pape en conclave en ressort Cardinal » n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui et le piège risque de se refermer sur lui.

Le « tous contre Valls » est en marche et tel un rouleau compresseur ne s’arrêtera pas. Ces Primaires étaient faits pour élire Hollande dans un fauteuil. Elles vont se transformer en machine à flinguer le « représentant » d’Hollande à savoir Valls.

Manuel Valls semblera en tête au soir du premier tour, et même loin devant ; mais il n’aura en fait aucune réserve de voix. Les voix des challengers, tous des « frondeurs » vont s’additionner pour tenter de le battre.

En fait c’est quasiment « Mission Impossible » pour Manuel Valls. C’est un jeu de dupes, un jeu de théâtre d'ombres chinoises.

Il est d’ailleurs à remarquer le peu de soutien d’élus et de ministres 48 heures après sa candidature alors que cela n’aurait dû être qu’une longue litanie de ralliements.

L’offensive anti-Valls se prépare et trouvera son épilogue avant le 15 décembre, date de limite de dépôt des candidatures.

Pour les opposants à Valls il faut renforcer le niveau des challengers.

Gérard Filoche le démagogue populiste est là pour taper, si possible en dessous de la ceinture. L'ex inspecteur du travail des autres n’est pas crédible pour gagner. Il est là pour détruire et pour cogner le plus fort possible. C’est le Mélenchon de la primaire et c’est d’ailleurs sa principale qualité : être primaire.

Ils savent qu’Arnaud Montebourg le chouchou des médias - qui gagne pourtant à ne pas être connu - risque d’être en difficulté lors des débats face à Manuel Valls. Sa suffisance, sa morgue hautaine et son mépris de l’autre sont un peu trop visibles pour attirer durablement la sympathie et passent mal à l'écran.

Marie-Noëlle Lienemann a pour elle comme seule argument d’être la femme de la primaire. Mais elle a également une certaine qualité de logorrhées et de concepts dépassés qui peuvent embrouiller les débats et empêcher Manuel Valls de développer sa pensée.

Benoît Hamon a une vraie base militante et des réseaux solides et organisés à l’aile gauche du PS. C'est lui l'homme de l'appareil et des machines électorales bien huilées. Mais il n'a pas pas le charisme nécessaire qui lui permettrait de battre Manuel Valls.

Alors les « frondeurs »,  cherchent encore le Fillon. Et pour eux, leur François  Fillon c’est Vincent Peillon. Le prof, l’agrégé et docteur en philosophie, le  spécialiste de l’histoire du socialisme, intello robespierriste qui pourrait l’emporter grâce à son austère attitude et son verbe haut.

Mais surtout la coalition de tous en faveur du celui d’entre eux qui sera arrivé en tête -  contre Manuel Valls – au second tour de la Primaire, devrait avoir raison du fougueux catalan. Force resterait ainsi à l’immobilisme, au statu quo ante et à la vieille idéologie marxisante rassurante. Bref à l’aubrysme idéologique qui fonctionne d’autant mieux que son inspiratrice – Martine Aubry – ne monte pas en première ligne elle-même et laisse ses chevaux légers agir. Une tradition delorienne peut-être ?

Et ainsi les chevaux seront bien gardés…

Alors que le Parti Socialiste passe difficilement les 40 000 inscrits.

Alors qu’Emmanuel Macron a recueilli plus de 100 000 adhésions en quelques mois pour son mouvement « En Marche ! ».

La dynamique du renouveau est là. C’est clair pour ceux qui veulent voir ce qui est en train de ce passer.

Le lancement de la « Belle Alliance Populaire » n’aura eu de populaire que le nom. La Convention nationale qui s’est tenue, samedi 3 décembre, dans la salle du Paris Event Center, pour donner le coup d’envoi de la primaire de la gauche, n’a réuni que 2 500 militants sur les 10 000 que Jean-Christophe Cambadélis espérait rassembler en septembre, dans une ambiance morose de fin de règne.

Nous verrons bien combien de personnes viendront assister au meeting de lancement de campagne d’Emmanuel Macron porte de Versailles le samedi 10 décembre prochain. S’il y a deux, trois, quatre fois plus de participants que le 3 décembre, les caciques du PS auront du mal à prétendre qu’il n’y a pas de dynamique autour d’Emmanuel Macron.

Et la tâche sera compliquée d’emblée pour Manuel Valls.

Emmanuel Macron propose un projet cohérent, moderne, motivant, libéral, social, protecteur mais qui met l’innovation et le mouvement au cœur.

Avec des équipes soudées et des militants motivés et enthousiastes, dynamiques, joyeux et qui y croient. Et qui ont bien raison d’y croire.

Emmanuel Macron sera le mieux placé pour affronter François Fillon au second tour de l’élection présidentielle (la vraie). Car il démontrera que le programme de François Fillon est tout sauf libéral (terme en vogue chez les cryptos-marxistes pour dénoncer l’ennemi social-traître) , mais qu’il est en réalité tout simplement conservateur, rétrograde et réactionnaire, à l’opposé de ce dont la France d’aujourd’hui et de demain a besoin.

Emmanuel Macron est vraiment candidat à l’élection présidentielle. Il parle directement aux français. Sans s’engluer dans la gangue des amis qui vous veulent tellement du bien qu’ils cherchent à vous faire chuter.

Cette avance sera décisive en mai et juin prochains. Le terrain perdu ne se rattrapera plus…

En marche !

Jean-Laurent Turbet

 

 

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